Comment survivre à un plan social ?

licenciement-outplacement-aouroLe 22  juin dernier, en Isère, des employés du papetier Arjowiggins ont séquestré le directeur du site et la DRH durant près de vingt-quatre heures. La raison de ce geste désespéré ? L'annonce d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), plus communément appelé plan social, visant une cinquantaine de postes sur les 220 de l'usine. Avec la crise, entre 2008 et 2009, les PSE ont augmenté de 112%, selon la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares).

Au premier semestre 2011, ils ont touché
 25.000 personnes. Si l'annonce d'un PSE ne conduit pas toujours à une réaction aussi radicale que celle des employés isérois, elle provoque souvent un choc. «Que l'on reste ou que l'on parte, c'est une étape difficile, relève Nathalie Josse-Le Sassier, coach associée chez WMP-Consultants. Mais il faut mobiliser son énergie pour rebondir.» Bref, au lieu de subir, vous devez tirer le meilleur profit possible de cette période. Nos conseils pour y parvenir.

 

Repérez les signes avant-coureurs

«Je reçois parfois des salariés que la nouvelle a surpris, mais ils sont loin d'être la majorité», souligne Christophe Gallé, consultant en RH qui intervient régulièrement lors de PSE. Chute des résultats, gel des salaires et des budgets, réunions d'urgence... Certains indices ne trompent pas et provoquent souvent de folles rumeurs. «Plutôt que de perdre du temps en spéculations à la machine à café, continuez à faire votre travail avec sérieux mais sans tomber dans l'excès de zèle, preuve de fébrilité», conseille Ricardo Croati, dirigeant de France Training.

Comme il s'écoule souvent plusieurs mois entre les premiers soupçons et l'annonce officielle du plan, mettez ce temps à profit pour bâtir votre stratégie. Tâchez d'en apprendre un peu plus auprès de votre chef, des délégués du personnel ou des RH : de quelle ampleur pourrait être ce PSE ? Quels services seront touchés ? Faites aussi le point sur vos envies : voulez-vous rester à votre poste ou êtes-vous tenté de saisir cette occasion de changer de service ou même d'entreprise ? «Pour y voir plus clair, effectuez un bilan de compétences, préconise Nathalie Josse-Le Sassier, de WMP-Consultants. Mais, quelle que soit la conclusion que vous tirez, envisagez un départ, car rien ne dit que vous pourrez rester.» Actualisez votre CV, activez votre réseau, utilisez votre droit individuel à la formation (DIF) ou d'autres dispositifs pour acquérir de nouvelles qualifications. Comme l'a fait ce
responsable des achats du distributeur de presse Presstalis : titulaire d'un BTS, il a profité de cette phase d'incertitude pour suivre plusieurs formations, à l'ESCP et à l'Essec.

La situation se corse lorsque vous êtes manager car vous devez gérer à la fois votre cas personnel et les angoisses de votre équipe. Pierre Abi Khalil, alors responsable d'une unité dans l'industrie pharmaceutique, a vécu cette expérience : «J'avais de moins en moins de moyens et mes projets étaient ralentis. J'exhortais mes équipes à travailler comme avant alors que j'étais convaincu qu'il se passait quelque chose, sans savoir précisément quoi.» Jouez la carte de la franchise : dites-leur que vous n'avez pas plus d'informations qu'eux. Et misez sur l'exemplarité en redoublant d'énergie.

Source : Capital.fr