Seniors, n'attendez pas d'être mis au placard |
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Un senior n'est pas un collaborateur en fin de carrière, c'est un salarié qui bénéficie d'une expérience professionnelle bénéfique à tous. Du moins, si elle est envisagée comme telle.
"A 40 ans, nous considérons nos collaborateurs comme seniors, mais c'est vrai qu'il faudrait que l'on fasse évoluer ce terme, qui a pris... un sérieux coup de vieux!" admet le DRH France d'un groupe américain. C'est un euphémisme. "Au mot "senior", il est plus juste de substituer l'expression "collaborateur en deuxième partie de carrière".
Quel quadra ou quinqua d'aujourd'hui se reconnaît dans le cliché du grand-père gentillet aux cheveux blancs, qui n'aurait comme seul horizon -et seule ambition- que celui d'être tuteur dans l'entreprise?" lance Maurice Thévenet, professeur en management au Cnam et à l'Essec Business School, où il est responsable du tout nouveau programme "Experience and Leadership", dispensé par l'Essec Executive Education. Destiné aux cadres comptant de vingt à trente ans de vie professionnelle derrière -et devant- eux, ce programme en onze jours répartis sur six mois propose de réaliser un point sur sa carrière.
Le senior doit se prendre en main La finalité est de dégager une stratégie professionnelle permettant de concilier au mieux les impératifs actuels liés à l'allongement de la vie professionnelle ou encore aux besoins financiers accrus entraînés par les familles recomposées et la naissance d'enfants d'un second mariage. Si l'entreprise doit, bien sûr, affûter sa stratégie en matière d'intégration de ces collaborateurs de plus de 40-45 ans, c'est aussi à chacun, en parallèle, d'anticiper, de préparer, d'imaginer ce que pourrait être sa deuxième partie de carrière, sans tout attendre de l'employeur. Pour cela, il faut lever le nez du guidon, regarder au-delà des murs de son entreprise, dans laquelle on travaille parfois depuis des années. Que l'on soit directeur financier ou commercial, il est important de dresser l'état des lieux des dernières avancées dans sa discipline. "Contrairement à ce que l'on croit souvent, les pistes d'évolution ne sont pas seulement de devenir consultant, juste parce que l'on a été opérationnel dans l'entreprise", souligne Maurice Thévenet. Pour dégager de nouvelles pistes d'avenir professionnel, il faut aussi plonger en soi... sans attendre une potentielle mise au placard! Coaching, bilan de compétences, mentoring... accompagné ou non de son employeur, le cadre a intérêt à mobiliser tous les moyens possibles pour s'interroger. Comment puis-je concilier mes aspirations professionnelles avec ma situation personnelle pour les deux ou trois décennies à venir? Qu'est-ce que je veux vraiment? Où en suis-je par rapport aux rêves que je nourrissais à 20 ans? 40 ans ou l'occasion d'un vrai bain de Jouvence?
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